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La nuit a été longue dans la capitale du Sud-Ouest où la population a tenu à veiller sur le résultat issu des urnes. Vers 22h, une tentative de fraude a failli tourner à l'émeute. C'est a Lysoka, autour de 15 heures, que le déroulement des élections a failli tourner au drame.
Dans cette bourgade située a une dizaine de kilomètres de la ville de Buea, et présentée comme le fief du maire sortant de la commune rurale de Buea, Charles Mbella Moki, les représentants de partis politiques de l'opposition ont été refoulés du bureau de vote situé à l'école publique. Officiellement, ils n'auraient pas reçu le mandat de l'administration pour représenter leurs partis dans ce bureau ou étaient inscrites 104 personnes. Conséquence de cette situation, des personnes chauffées a blanc ont décidé de stopper le processus. Mais après quelques échauffourées, les mécontents ont finalement quitté les lieux, découragées par une autre bande de jeunes gens décidés à faire avancer les opérations.
Quelques instants auparavant, à l'école publique de Buea-Town, un électeur a été arrêté en possession d'une fausse carte d'électeur. Le document présenté par cet électeur, qui était bel et bien inscrit, au moment de passer au vote ne serait pas authentique. "C'est tout un réseau qui a été créé par un candidat avec la complicité de l'administration. Ces cartes n'ont pas d'étoile sur la bande rouge du drapeau national. En lieu et place, c'est plutôt un point noir qu'on a", rapporte un observateur. A quelques encablures de là, au bureau de vote situé au domicile du chef de Molyko, les électeurs ont exigé et obtenu que le bureau de vote, préalablement installé au domicile de l'autorité traditionnelle, soit délocalisé à l'extérieur.
A Mutengene, au bureau de vote situé dans l'enceinte du bâtiment abritant le poste de gendarmerie, un électeur a échappé de justesse au lynchage de la population. C'est un homme qui a voulu voter avec une carte appartenant a une femme, affirment les gendarmes qui reconnaissent par ailleurs que certaines personnes ont favorisé la fuite de cet individu.
Alors que l'heure de fermeture des bureaux de vote approchait, la tension se faisait beaucoup plus ressentir. Ameutés par une rumeur qui faisait état du déplacement probable des urnes vers la sous-préfecture ou se feront finalement les décomptes des voix, les électeurs du bureau de vote situé au domicile du chef de Ekande a Mile Seventeen ont fait un mouvement qui a attiré une foule impressionnante.
D'autres incidents mineurs ont également émaillé les opérations a Buea. Au bureau de vote du Secteur militaire 2, une prise de vue du cameraman de Canal 2 International n'a pas été du goût de certaines personnes. Grâce au commandant du secteur, présent sur les lieux, et aux explications du président dudit bureau, les journalistes sont finalement repartis sans que les images ne soient écrasées, comme le souhaitaient certains militaires.
Le déroulement du vote semble donc avoir été a l'image de la campagne électorale, c'est a dire relativement tranquille dans le chef lieu de la province du Sud-Ouest. En dehors d'une bagarre rangée, qui a fait sept blessés, survenue entre les militants du Rdpc et de l'Afp.
Pour le reste, Charles Mbella Moki, le maire sortant du Rdpc de la Commune rurale de Buea est reparti pour solliciter à nouveau les suffrages des électeurs. En face de lui, se trouvaient les candidats du Sdf, de l'Afp et de l'Upc. Aux Législatives, ce sont les mêmes partis qui étaient en compétition pour les deux sièges de députés qui étaient occupés au cours de la dernière législature par deux élus du Rdpc. Il s'agit de : Alphonse Namme Ngalle et Emilia Lifaka Monjowa.
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